Le Devoir de l’Audace


Avec un nom tel que « Ose & GO », je ne pouvais décemment pas louper un post sur l’audace. Une évidence, dans laquelle je me suis plongée avec délice. Je dois avouer que plus j’avançais dans mes lectures, plus mon plaisir augmentait. Déjà pour la richesse du sujet, qui fascine et intrigue depuis des siècles. Des milliers de pages ont été noircies sur les vertus et les pièges de l’audace. Toutes intéressantes et surtout qui m’ont fait du bien sur ma façon de fonctionner, dans une société conformiste, qui valorise la rentrée dans le rang plus que le contre-courant, à moins qu’il ne soit générateur de succès.

Alors, qu’est-ce que l’audace exactement ? Est-elle innée ou s’acquiert-elle ? Est-elle dangereuse ou bénéfique ?


Qu’est-ce que l’audace ?

Définition ambivalente

 « Le courage est le juste milieu entre la peur et l’audace« , disait Aristote.

Le Petit Larousse, lui, nous donne deux définitions pour le prix d’une :

  • « hardiesse qui ne connaît ni obstacle ni limite« , pour le côté positif ;
  • « acte qui viole les règles et les convenances« , pour le côté, disons moins positif.

Une ambivalence qu’on retrouve dans la liste des synonymes d’audace, qui va de l’aisance à effronterie, en passant par la vaillance. Une belle palette de paradoxes !

 

 

 

 

 

 

 

 

La notion d’audace serait-elle si complexe ? Limitons-nous à la différence d’avec son frère, le courage, trait de caractère exprimé face à l’endurance et la douleur, que je compte parmi mes valeurs.

J’aime particulièrement cette distinction, relayée par Philippe Gabilliet – entre autres – que le courage concerne nos réponses à une difficulté ou une menace nous qui est imposée, tandis que l’audace est la capacité à accueillir le risque et l’adversité pour provoquer délibérément un changement. Moi, j’adhère. D’où ma définition façon Ose & GO :

L’audace est la volonté d’agir sans complexe à contre-courant, malgré les obstacles et l’opinion des autres, dans l’incertitude complète du résultat.

« Des choses peuvent arriver à ceux qui attendent, mais seulement celles laissées par ceux qui foncent », Abraham Lincoln.

 

Inné ou acquis ?

Naît-on audacieux ou le devient-on ? Il y a des caractères plus fonceurs ou rebelles que d’autres, certes. Mais l’audace est-elle vraiment un trait de caractère, comme son frère courage ? Les audacieux ne sont pas forcément des fougueux ou des impatients. Ils ne sont pas tous extravertis. Ils sont loin d’être insouciants ou suicidaires.

Ma conviction, forgée avec mes lectures et ma propre expérience, est que l’audace est fonction de son degré de confiance en soi et d’estime de soi. Plus nous avons foi en nous et nos valeurs, plus nous osons. C’est en substance la théorie que développe Charles Pépin, dans son livre « la vertu de l’échec ».

Personnellement, j’ajouterai que l’audace naît aussi de nos modèles, à commencer par nos parents. Si, dès votre prime enfance, vous avez l’exemple d’un père ou d’une mère qui ose changer les codes, au mépris du qu’en-dira-t-on, vous partez dans la vie avec un héritage puissant… à manier avec dextérité. De même, si vous croisez dans votre vie des personnes audacieuses, qui, plus est, croient en vous, vous vous sentirez des ailes pour oser vos rêves. Les oser avec intelligence, c’est-à-dire en gérant ses attentes, les risques et ses ressources. Mais n’est-ce pas le fruit de notre expérience ?

  « Avec de l’audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire. » Napoléon Bonaparte

 

L’audace et l’entrepreunariat : paradoxe ?

Dans le monde des affaires, un paradoxe m’a souvent interpellée : la large propension des entreprises à prôner le courage pour combattre les difficultés économiques et leur tiédeur à encourager l’audace. Pourtant, dans la notion entrepreneuriat, dont n’enorgueillissent les grandes sociétés – et notamment américaines au nom de l’esprit pionnier – compte la dimension « audace ».

Il faut envisager son job comme s’il s’agissait de son propre business, le faire évoluer en pensant « out of the box »… Oui, mais pas trop. Surtout depuis le sacrement du modèle ultra capitaliste, où l’argent est dieu, dont le royaume est régenté par des financiers concentrés sur la prise de risque minimale. Je tiens à préciser que je ne suis ni anarchiste ni d’extrême gauche. Je suis plutôt de droite même, mais avec de fortes valeurs humaines et sociales. L’argent n’est pas un aboutissement mais doit rester un moyen de réaliser des rêves et de donner un sens à sa vie.

Je trouve confus les messages des figures de proue économique. Il faut oser la différence, comme le prêchent tous les gourous marketing. Il faut oser l’innovation, comme le symbolisent les grands de la Silicon Valley, avec des risques calculés et maîtrisés. Il faut oser se lancer…. Mais à condition de le faire dans un cadre défini et bien ordonné. Considérations monétaires, évidemment, mais pas que… Car, l’audace nous renvoie aussi à nos peurs. Instinct de survie oblige.

https://www.rhinfo.com/thematiques/strategie-rh/laudace-de-la-philosophie-la-culture-dentreprise

https://sites.google.com/site/thibaudbriere0/laudace

 

Le devoir de l’audace

Pourquoi est-ce un devoir ? Pour être heureux, individuellement et collectivement. Se réaliser tout en inspirant les autres à en faire autant. Servir sa communauté en remplissant un rôle choisi consciemment et assumé. Une société sans audace et sans audacieux est une société en danger.

Comment remplir ce devoir ? Tout simplement en apprenant à oser. Un processus lent, qui commence par apprendre qui nous sommes, et à nous accepter et nous aimer, tels que nous sommes. Alors seulement, nous pouvons entendre et écouter notre petite voix intérieure, et accueillir sereinement l’échec, inévitable lorsqu’on ose se lancer. Comme on apprend un métier, l’audace se bonifie avec la pratique mais aussi avec une certaine méthodologie pour gérer les risques, mais aussi ses attentes et ses ressources.

Pourquoi ne le commence-t-on pas au plus jeune âge ? Retour à la case « modèle parents ». Encore faut-il qu’ils soient conscients de la vertu de l’audace et qu’ils la pratiquent. Et quand ils ne le peuvent pas, l’école s’impose, non ? N’est-ce pas son rôle également de transformer des individus en citoyens responsables et conscients ?

Mais, hélas, l’école telle que pratiquée aujourd’hui est plus là pour nous remplir la tête comme des oies gavées. Rares sont les professeurs – et encore plus rares ceux qui sont reconnus et encouragés – à remplir ce rôle merveilleux de prise de conscience. Apprendre qui nous sommes, avec nos caractéristiques et notre histoire commune et individuelle, et nous positionner dans notre environnement. Nous pousser à nous interroger sur notre manière de fonctionner, ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Le chemin est encore long. Un point positif : les coachs et psychologues ont du boulot pour les prochaines décennies.

Et si, chacun à notre niveau, nous provoquions le changement ? Juste en montrant l’exemple. Oser des rêves. Oser aller vers nos risques. Oser s’exposer, sans crainte. Car, seul, celui qui ne fait rien, ne fait pas d’erreur. Et l’erreur nous construit. Un cycle sans fin, qui nous invite à nous intéresser plus au voyage qu’à la destination.

http://sante.lefigaro.fr/article/l-audace-entre-raison-et-emotion

Et vous, qu’osez-vous ?