Près du Rêve, aventure humaine


Nous avons tous des rêves. Certains se réalisent, d’autres pas. Certains sont plus cruciaux que d’autres. Mais tous nous font avancer dans notre vie.  Car, chacun apporte son lot de compétences et de rencontres, parfois déterminantes, toujours énergisantes. Nos rêves nous aident aussi à donner du sens à ce que nous faisons et qui nous sommes.

« Rien ne se produit sans avoir d’abord un rêve » Carl Sandburg.

Près du Rêve, est une aventure solidaire que j’ai démarrée en 2015 avec une grande amie. Tout a commencé autour d’un verre de bière, dans un pub irlandais, où nous nous retrouvions chaque semaine.

Mon amie est une trekkeuse depuis des années. Elle est aussi très impliquée dans des actions sociales et communautaires de la région. Fan de voyages, elle se lance, chaque année ou presque, un nouveau défi de trekking sur les flancs de sommets du monde, souvent SEULE.  Une fois le Kilimandjaro (5900m), une autre fois le camp de base de l’Everest (5200m)… Un jour, elle me parle de son idée de transformer ces treks en projets solidaires pour aider des femmes, qui, sur d’autres contrées, n’ont pas forcément eu la chance de faire des études et devenir indépendantes. Choisir leur vie. Décider de leur destin.

J’ai tout de suite adhéré.  D’une part, je la voyais mal mettre en place et s’occuper de toute la communication du haut de la montagne, en plus de son gigantesque travail de préparation physique et logistique.  D’autre part, j’étais en pleine réflexion sur ce que j’allais faire de ma vie. J’avais du temps libre. J’ai sauté sur cette occasion de me rendre utile, persuadée que j’allais apprendre une tonne de choses. J’ai proposé mes compétences en communication.

Nous étions en Octobre 2015. Elle partait mi-décembre. Moins de deux mois pour tout mettre sur pied : trouver l’association, créer le blog, créer la page Facebook, développer le contenu (bien sûr en plusieurs langues), définir le concept de donation, trouver la plateforme de crowdfunding pour organiser la collecte de fonds, qui se ferait tout au long de son ascension. Le but : financer un projet de formation.

→ Pour tous les détails sur l’opération Près du Rêve, consulter cette page.


Une vraie aventure

L’Argentine

Avec notre première édition en Argentine, tout est allé très  vite. Les outils de communication principaux – blog, page Facebook, page crowdfunding – ont été prêts en 10 jours, en trois langues (Français, Anglais, Espagnol).  Début décembre, nous avons trouvé l’association, el Centro Integral de la Mujer Marcelina Meneses, créé par une femme fantastique, Reina Torres. Le projet : financer un atelier de couture pro avec l’achat de machines professionnelles et des fournitures.

Mi-décembre, l’amie trekkeuse est partie avec une crève d’enfer.  Cinq jours plus tard, elle démarrait son ascension. Moi, tous les jours, j’étais collée à mon écran pour écrire des articles, guettant avec une pointe d’inquiétude des nouvelles de mon amie, qui crapahutait en solo sans aucune couverture satellite. Elle demandait aux randonneurs qu’elle croisait de m’envoyer des mails avec des photos. Je pouvais, par messager interposé, suivre sa progression, qui allait l’emmener jusqu’à 5000 m d’altitude. Pas 7000 m, comme elle l’avait prévu. Le stop est venu des médecins, qui l’ont obligée à redescendre dans la vallée, à cause d’un œdème pulmonaire.

Fin décembre, une journaliste free-lance de Paris s’intéressait à notre projet, mais hélas, nous étions déjà trop avancé pour en faire un reportage TV.  Début janvier, des ouvriers municipaux ont arraché le câble de la fibre optique qui me reliait au monde virtuel. Heureusement, les télécoms étaient là, avec un partage de connexion depuis mon téléphone mobile. Une semaine plus tard, des articles de presse dans les journaux locaux ont fait un peu de bruit sur notre initiative. Début Février, nous avons dépassé notre objectif de collecte de fonds grâce à environ 75 donateurs, explosant toutes les moyennes de donation indiquées par la plateforme de crowdfunding, que ce soit la moyenne de don par personne et le nombre moyen de donateurs. Reina a pu équiper l’atelier.

Six mois plus tard, nous avons enfin pu transférer les fonds, car, en Argentine, ouvrir un compte bancaire est presque aussi compliqué que grimper l’Aconcagua. Septembre, j’ai pu pondre le dossier récapitulatif du projet (voir ci-dessous) qui allait servir de base pour le dossier de presse de l’édition 2, en Ethiopie.  C’est Près du Rêve Ras Dashan, du nom du sommet le plus haut du pays.

L’Ethiopie

Tout comme en Argentine, nous avons trouvé l’association en quelques semaines grâce à notre réseau : ICN (I Care for the Nation) à Addis Abeba, avec sa présidente Ayni Abebamanu. Un projet similaire : un atelier de blanchisserie professionnelle.

La mise en place des outils de communication a été plus simple, car nous avions déjà la base. Plus simple mains pas moins intense. Encore une fois, il a fallu faire vite pour créer le nouveau contenu en ligne sur le blog en transférer l’ancien sur un site dédié à l’Argentine, développer la page Crowdfunding, mettre à jour la page Facebook.

Patricia est partie le 16 décembre, encore une fois enrhumée. Moi, encore plus collée derrière mon ordinateur  (4h par jour) pour alimenter le blog et les réseaux sociaux, avec les news que je recevais par les rares trekkeurs qu’elle a croisés. Contact avec la presse locale et nationale. Stress de monter la cagnotte monter.  Nous espérons faire aussi bien, sinon mieux qu’avec l’Argentine. Les résultats dans quelques semaines et quelques mois.

→ Si vous voulez prendre part à l’aventure et nous aider à réussir notre pari, vous pouvez faire un don ICI.


Dossier récapitulatif Près du Rêve Aconcagua – Français /  English

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Pourquoi devenir bénévole ?

Pour la « foultitude » de choses que j’ai récoltées, à commencer par plus de compétences-métier mais aussi et surtout, j’ai pris une grande leçon de vie.

Des compétences-métier renforcées

J’avais déjà une longue expérience dans la communication. Mais, comme le dit le proverbe, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Nous apprenons chaque jour. En marketing et communication, encore plus. Car, ces métiers se transforment chaque jour un peu plus avec l’évolution pénétrante de la technologie. Nouvelles applications. Nouvelles approches. Nouveaux processus.

Personnellement, j’ai amélioré mes connaissances HTML et autres Extensions pour optimiser la mise en page de contenu en plusieurs langues, sur des plateformes de blog, telle que Blogger ou WordPress.

J’ai approfondi mon savoir-faire d’écriture web pour trouver le bon ton et les bonnes accroches qui permettent d’attirer des lecteurs. Pari gagné avec des posts qui ont remporté presque 700 vues sur LinkedIn ou touché environ 1500 personnes sur Facebook.

J’ai compris comment utiliser les fonctions Ads sur les réseaux sociaux pour élargir le spectre des donateurs au-delà de notre cercle proche.

J’ai aussi appris les plateformes de crowdfunding : comment elles fonctionnent, les différences entre les unes et les autres, les trucs pour augmenter sa visibilité entre tous les projets qu’elles proposent…

Enfin, comment « vendre » un projet solidaire aux médias, inondés de demandes.

 

Leçon de Vie

Je devrais plutôt parler de leçonS de vie. Plus que Kiss Kool, il y a plus de deux effets.

1er effet : Relativiser

Comprendre que vous avez bien assez, pour ne pas dire trop, pour être heureux. Vous soutenez des personnes qui ont trois fois, voire dix fois moins que vous. Et elles sourient, elles rient. Elles se battent. Elles ont leurs moments de bonheur et d’abattement… comme nous. En les côtoyant, j’ai réalisé que nous sommes pris – ou nous nous laissons prendre – dans une course infernale pour avoir encore plus. Plus de quoi ? Plus d’argent, plus de temps, plus d’amour, plus de reconnaissance… ? En fait, nous sommes conditionnés pour avoir peur. Peur de manquer, aujourd’hui et demain. Peur d’être rejeté.. de son travail, par exemple. Peur de ne pas être à la hauteur. De quoi ? De nous-mêmes ? N’avons-nous pas le droit d’être fragiles ou de faire des erreurs ? Et si nous arrêtions d’avoir peur ? Et si nous réapprenions à apprécier ce que nous avons, matériellement, intellectuellement, psychologiquement, affectivement, familialement… ? Et si nous nous faisions un peu plus confiance ? En écrivant ces mots, je pense à George Kohlreiser, psychologue, négociateur d’otage et professeur de leadership à l’IMD, que j’ai eu l’honneur et la joie de rencontrer lors du TEDx de Lausanne en 2015. Nous avons longuement parlé et j’ai adoré le mot qu’il m’a écrit et dit le jour où il m’a dédicacé son livre « Hostage at the Table » (Otage à la Table) : « ne soyez jamais l’otage de qui que ce soit, y compris de vous-même, pour vivre tous vos rêves dans la joie« .

2ème effet : Ensemble

Toutes ces femmes se battent ENSEMBLE. Dans nos sociétés dites « civilisées », nous avons oublié le sens communautaire de s’unir pour être plus fort… sauf dans les crises. Ce qui est paradoxal et presque pathétique, nous mettons chaque jour beaucoup d’énergie à créer des communautés virtuelles, sur les réseaux sociaux, mais nous sommes guère brillants à le faire dans la réalité. C’est à celui ou celle qui aura le plus de like, le plus de followers, le plus de commentaires, etc…. A quoi rime cette effervescence si, dans notre vraie vie, nous ne sommes pas capables de nous investir dans une activité communautaire ? Ce peut être un club de sport, une chorale, une association…. un projet solidaire ?

3ème effet : Sens

Plusieurs personnes m’ont demandé : « mais qu’est-ce que ça te rapporte, ce projet solidaire? » Elles pensaient en monnaie sonnante et trébuchante ou en termes « réseau ». Bref, quelque chose de tangible, concret. Au début, je n’étais pas très à l’aise à répondre. Mes paroles se concentraient sur toutes ces compétences-métier acquises et que j’approfondis encore et encore. Mais avec le temps, j’ai pu trouver les mots pour exprimer cette autre dimension, qu’est le sens de ce que nous faisons et de ce que nous sommes. Comme l’explique très bien Pierre Rabhi, avec sa légende du Colibri, avec Près du Rêve, cette humble initiative, je fais MA PART pour changer quelque chose. Ce n’est pas grand chose, mais c’est mieux que rien.


Et vous ?

A vous, lectrice et lecteur, qui vous vous sentez interpellé(es) par mes mots, je vous encourage à vous lancer dans une aventure similaire. Cherchez autour de vous un projet qui vous séduit et réfléchissez à ce que vous voulez ou pouvez apporter.

Vous pouvez commencer aussi par un simple geste, comme faire une donation. Si Près du Rêve vous intéresse, vous pouvez, par exemple, aider Reina ou Ayni. Prenez contact avec elles et voyez ce dont elles ont besoin pour continuer leur oeuvre et leur mission. Merci par avance pour elles.